Projet présenté par La poésie partout avec le soutien de l’Arrondissement de Ville-Marie
Mot de la commissaire Dédé Chen
«Au commencement, il y avait moi, le fleuve et une odeur d’œuf pourri»
– Larissa Lai, Le fruit de la puanteur (traduit par Sylvie Bérard et Suzanne Grenier), Triptyque, 2021
Un fleuve, une odeur de pourriture. Se réinventer.
Nous, diasporas chinoises, asiatiques, habitons une île, Tiohtià:ke, bordée par le fleuve. Un territoire, non-cédé par des peuples autochtones. Lors de vagues de xénophobie, notre corps jaune a été réduit à la saleté, à la maladie, à une odeur nauséabonde. Qu’est-ce qu’être humain sur un territoire?
Dans le roman Le fruit de la puanteur, Lai met en scène une créature hybride à la fois dans la Chine du XIXe siècle et sur la côte ouest du Canada, dans un futur proche. Capable de métamorphoses, la narratrice est parfois un poisson, un serpent, une fille ou une femme. Cette genèse du monde nous amène à réfléchir sur nos mythes et identités au sein de la diaspora chinoise et de la société canadienne.
Plusieurs initiatives spontanées et individuelles entre des artistes asiatiques et La poésie partout ont eu lieu depuis 2022. Dans la continuité de ces collaborations, nous organisons une initiative localisée dans un lieu symbolique : le Quartier chinois.
Description du projet
Poésie au Quartier chinois créera un espace d’expression et d’amplification des voix asiatiques, qui permettra de construire des liens entre les artistes et avec les résident·es du quartier.
La première activité aura lieu au Jardin communautaire Kahéhtaien-Lumb, le 29 août. À l’image du lieu, elle regroupera des artistes autochtones et d’origine chinoise. La lecture de poésie sera précédée d’un atelier d’écriture et suivie d’un micro ouvert.
Le second événement se déroulera le 27 septembre à la Place Sun-Yat-Sen et soulignera la fête de la mi-automne (中秋节, zhōngqiūjié). Des poètes de différentes origines asiatiques seront invité·es à performer. Ponctuée de musique, la poésie sera un rituel de contemplation et de réappropriation d’un héritage culturel en contexte de diaspora. L’activité se terminera avec une forme de prière aux ancêtres et une animation de qi gong pour réconcilier le corps et la voix.
Samedi 29 août, Kahéhtaien Jardin Lumb
14h : Atelier d’écriture animé par Murielle Chan-Chu
15h30 : Lecture animée par Valérie Jingman, avec Ang Fang, Karonhia’nó:ron, Jeanne Moreau-Vollant et Gillian Sze + micro ouvert
Documentation / dessins : Yix + commissaire : Dédé Chen
Dimanche 27 septembre 14h à la Place Sun-Yat-Sen
Lecture avec H Felix Chau Bradley, MJ Desharnais, Prathna Lor, Laura Mota-Juang et Eang-Nay Theam
Musique : An Laurence + performance : Camille Huang
Animation : My An + commissaire : Dédé Chen
Rejoindre l’événement [à venir]
À propos de la commissaire

Dédé Chen est une écrivaine et réalisatrice basée à Tiohtià:ke/Montréal . Elle détient une maîtrise en relations internationales à l’Université de Pékin et une seconde, en études littéraires à l’UQAM. Sa pratique artistique se déploie autour de la violence sexuelle, du corps-territoire et de l’archive. Elle co-édite Les Asiatitudes (2024), première anthologie francophone d’auteurices descendant·es des diasporas asiatiques au Québec, et publie dans différentes revues. En 2021, elle cofonde Soft Gong, première organisation francophone par et pour les adopté·es de la Chine. [photo : Awa]
Artistes du 29 août (Kahéhtaien Jardin Lumb)

Murielle Chan-Chu 陳妙影 est arrivée à Montréal de Madagascar à l’âge de trois ans. Elle enseigne la littérature au Collège Montmorency et se penche sur les questions identitaires, féministes, queer, antiracistes et anticapitalistes. À travers l’écriture de fragments de prose poétique, elle aime débusquer les vestiges des souvenirs et ses ramifications dans le présent. «La mémoire-passoire» est un récit autofictionnel qui a figuré dans la liste préliminaire du Prix du récit Radio-Canada 2025, alors que «Comme une chienne errante » raconte son désenchantement lors de son retour à Madagascar et paraîtra prochainement dans la revue Moebius.

Né en Chine, Ang Fang a étudié la littérature avant de faire carrière en journalisme dans des journaux, à la radio et à la télévision. Après avoir vécu en France et aux États-Unis, il s’établit au Québec. Il est notamment l’auteur du recueil de nouvelles Lavande de Chabanel et des récits de voyage Route 66, À la parisienne, Made in New York et Prague Time. Ang Fang a publié trois recueils de poésie bilingues (chinois et français) : SEL (2020, Éditions de la rue Dorion), Lampe-Tempête (2022, Éditions de la rue Dorion) et Pain et adieu (2025, L’Oie de Cravan).

Valérie Jing-Man 靜雯 est poète, actrice de voix et vidéaste. Née à Tiohtià:ke d’une mère chinoise et d’un père français, elle a aimé plusieurs maisons en plusieurs langues, et refuse encore d’en choisir une. À Montréal, Barcelone et Hong Kong, elle pense et écrit sur celleux qui, comme elle, se doivent de parcourir le ciel pour mieux comprendre leurs racines. Elle espère, un jour, pouvoir pleinement vivre en cantonais, sa langue maternelle qu’elle réapprend petit à petit.

Karonhia’nó:ron (iel) est un·e artiste queer-autochtone de Kanehsatà:ke, terre mohawk. Iel a commencé à écrire et à réciter de la poésie en 2024 avec le collectif Suppart. Sa pratique artistique s’inscrit dans la continuité de la tradition orale kanien’kéha et ses créations explorent les thèmes de la terre, de la langue et de l’appartenance. Son premier texte publié a été diffusé dans le journal de transformation sociale de l’Université Concordia à l’hiver 2026.

Jeanne Moreau-Vollant est Innue de Pessamit. Diplômée de Marie-Victorin en théâtre, elle a nourri sa plume a travers l’improvisation et les jeux de rôle. Sa pratique artistique se caractérise par une cohabitation de différentes formes d’art (théâtre, poésie, son et danse) qu’elle entremêle pour mieux exprimer son identité. Les thèmes principaux qu’elle aborde sont l’identité autochtone dans sa dualité et le genre dans tout son spectre. [photo : Curtis Perry]

Gillian Sze is a poet and children’s writer. She is the recipient of the Pat Lowther Memorial Award for Quiet Night Think and the QWF’s A. M. Klein Poetry Prize for her latest book, An Orange, A Syllable. Her books for children have been shortlisted for the Ruth and Sylvia Schwartz Children’s Book Awards and CBC Kids Read. She teaches creative writing and literature at Concordia University.

Yix est une artiste visuelle et zinester basée à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal depuis 2003. Animée par un penchant pour la poésie du banal et des interstices, elle s’intéresse aux gestes, relations et mouvements qui se déploient en marge des récits dominants. Elle est titulaire d’un baccalauréat en droit.
Artistes du 27 septembre (Place Sun-Yat-Sen)

My An (she/elle) a étudié l’éthique et la création littéraire. Elle est spectatrice professionnelle (selon Émilie Perreault) et programmatrice apprentie avec Asiate en court. Sa poésie explore la colère des femmes, le legs des familles immigrantes et les joies d’être une sorcière moderne. Elle critique le théâtre de la perspective d’une personne racisée et féministe et fait la promotion d’artistes asiatiques au Québec.

H Felix Chau Bradley est un·e autaire et éditeur·ice qui vit à Tiohtià:ke (Montréal). Iel est l’autaire de Personal Attention Roleplay (Metonymy Press), finaliste du prix littéraire Danuta Gleed et du prix Kobo Rakuten. Ses textes sont publiés dans carte blanche, ESPACE, The Ex-Puritan, Feeld magazine, Maisonneuve, Malahat Review, Toronto Review et d’autres revues. Iel est responsable de la fiction à This Magazine, éditeur·ice adjoint·e chez Metonymy Press et chroniqueur·euse littéraire pour Xtra. Felix a été autaire en résidence Max Margles de la Québec Writers’ Federation en 2025. [photo: Hamza Abouelouafaa]

Marie-Josée Desharnais est réalisatrice, autrice, productrice et artiste documentaire basée à Montréal. Née aux Philippines, adoptée au Québec, elle travaille à partir des archives, des fragments, des silences et des gestes qui restent quand les récits officiels ne suffisent plus. Sa pratique traverse le cinéma, la poésie, la mémoire diasporique et l’autofiction documentaire. Elle développe actuellement Weaving Identity, un long métrage documentaire sensoriel sur l’adoption, l’appartenance, les papiers, les corps et les lieux entre-deux. [photo: Audrey-Eve Beauchamp]

Guided by diasporic experience, autoethnography and the heart, Camille Huang is a performer making physical works unfolding between the realms of dance, scenography and performance. They explore shifting the center of attention, the social and political experiences of the body and the visceral, intimate and playful. Camille holds a BA in Anthropology and graduated from l’École de danse contemporaine de Montréal. Their works have been presented at OFFTA, Tangente, Summerworks festival and Fonderie Darling. [photo: Julien Cadena]

An Laurence 安媛 est une compositrice-interprète (guitare/voix) basée à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal active sur la scène de la musique contemporaine-expérimentale, une commissaire indépendante et une artiste de performance et multimédia dont le travail s’attarde sur la mémoire et l’identité transnationale. Son premier album, Almost Touching, est distribué par people | places | records. Son travail a été présenté au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Asie. [photo: Lou Scamble]

Prathna Lor is a poet, essayist, editor and educator, who has published in Canadian Literature, DIAGRAM, C Magazine, Jacket2, Poetry is Dead and Plenitude Magazine, among others. Lor is Poetry Editor at Shrapnel Magazine and holds a PhD from the University of Toronto. They live in Montreal. [photo: Brock Dishart]

Laura Mota-Juang is a Taiwanese-Brazilian shameless experimentalist from São Paulo and based in Tiohtiá:ke/Montreal. She is the author of Light Spill (Block Party Press, 2023), a chapbook inspired by Physics’ imagination. Interested in collaborative poetics, she has also co-authored the chapbook to say what we see (2025) with Sophia Cirignano, and friend/shapes friend/scapes (2024) with Hannah Polinski. Laura is currently painting playful creatures on thrifted garments, organizing events for carte blanche magazine, and editing poems at Ahoy!

(Eang)-Nay Theam écrit de la poésie depuis plus de dix ans et la partage parfois. D’origine cambodgienne, née à Québec (la ville!), elle baragouine encore un peu le khmer. Elle enseigne la littérature au cégep dans une démarche qu’elle pense décoloniale. Elle poursuit des études doctorales sur la relation au territoire nordique dans les littératures innue, atikamekw et de l’Asie du Sud-Est. Ses textes ont été publiés dans Littoral (2024 et 2025) et Estuaire (2026). Elle travaille sur un recueil de poésie sur sa mère, survivante du génocide des Khmers rouges. [photo: Olivier Caron]
Partenaires de Poésie au Quartier chinois
Organisée par La poésie partout avec le soutien de l’Arrondissement de Ville-Marie, Poésie au Quartier chinois fait partie de l’édition 2026 de Dehors est un poème, qui bénéficie du soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts de Montréal. Nous remercions également le Kahéhtaien Jardin Lumb pour sa précieuse collaboration.












